Il est déjà présent 3 000 ans avant Jésus-Christ, dans la région de l’Euphrate, en Chaldée. Une inscription sumérienne le décrit comme un taureau mugissant probablement parce que l’artiste de l’époque en tire une sonorité grave et puissante. Divers textes bibliques évoquent l’ancêtre du cymbalum. Entre autres le verset 5 au chapitre III du livre de Daniel.
Par les grandes migrations de l’histoire, les invasions, les croisades, les voyages commerciaux, l’instrument supposé d’origine assyrienne et hébraïque, variant par la forme, le nombre de cordes et jusqu’au nom, se répand dans le monde. Il devient santour (du fârsi : san = cent et tûr = cordes) en Iran, Irak, Inde, Afghanistan, Cachemire et en Turquie, santouri en Grèce. On le trouve jusqu’en Inde, en Chine et en Indochine, où il est accordé selon le système pentatonique et porte le nom de Yang-Qin, ce qui se traduit par « d’Outre Mer».
Selon la cymbaliste Tünde BALBASTRE, l’instrument, dénommé psalmos ou psaltérion, serait déjà arrivé en Europe dès les premiers siècles de la chrétienté par les compagnons des apôtres venus évangéliser. Tünde Balbastre est également de l’avis que les Hongrois connaissaient déjà le précurseur du cymbalum, bien avant leur arrivée dans le bassin des Carpates, au IX°siècle.
On peut cependant retenir des dates décisives, quant à son destin occidental :
Au Moyen Age, à la Renaissance, son accordage était toujours diatonique, tout comme celui de la plupart des autres instruments. Les musiciens itinérants l’attachaient autour de leur cou à l’aide d’une courroie, comme ils le font encore aujourd’hui en Roumanie. Sur les enluminures, fresques, tapisseries, les adeptes du cymbalum d’antan sont représentés jouant sur ses cordes avec des plumes, les pinçant ou bien encore les frappant de petits maillets.
Généralement les instruments, qui précèdent le cymbalum d’aujourd’hui, se nomment, entre le XIV° et le XVII° siècle, « psaltérion» à l’Est de l’Europe, « dulcimer » en Angleterre, sans oublier : « Hackbrett» en Autriche, Suisse, Allemagne. Au cours de ces quatre siècles là, on utilise toujours des cordes en boyau aux sons très doux. Au XVIII° siècle, le «tympanon» est petit à petit doté de cordes métalliques. Leur usage a sans doute été inspiré par l’introduction de fils métalliques dans l’industrie des textiles. Devenu plus lourd, le tympanon est posé sur une table et frappé avec de fines baguettes de bois. Ses cordes, groupées par deux ou trois, accordées à l’unisson, sont divisées en plusieurs segments par des chevalets.
Dans son récent ouvrage « le grand cymbalum de concert » paru aux éditions européennes de l’avant mur en 2001, le facteur de pianos et de cymbalums, Arnaud PATIN note, page dix, quelques-unes parmi les plus anciennes mentions du terme ‘’cymbalum’’ attribué à un instrument à cordes. Retenons simplement deux des exemples qu’il cite page dix : la désignation « cimbalom » apparaissant au XV°siècle dans la traduction de la bible du codex de Bécsi et l’appellation « cymbala » figurant dans un vieux texte de la bibliothèque du monastère de Prémontrés de Strahov à Prague. Les Tchèques l’appellent : cimbalom, les Roumains : tambal, les Russes : cimbaly.
Certains instruments anciens, italiens, allemands, témoignent du soin que leurs facteurs professionnels ont pris pour les réaliser. Ils sont si beaux, si ouvragés ! Ils avaient une place d’honneur dans les demeures princières. Cependant, du fait des faibles ressources de la majorité de ceux qui le faisaient alors chanter, l’instrument était le plus souvent fabriqué par le musicien lui-même, ce qui explique la diversité de sa forme, de ses dimensions, de son accord et de son étendue. Il y a juste deux constantes :
On peut trouver encore d’autres indications et illustrations sur le site de la cymbaliste Tünde ALBASTRE-ENZSÖL
ainsi que sur le site Web de Sylvain MACHEFERT
et de l'Encyclopédie Libre WIKIPÉDIA
Au Baroque un cymbaliste virtuose et facteur d’instrument a un grand impact sur la destinée de l’instrument. Lors de son baptême le 29 novembre 1668 à Kleinheringen en Allemagne celui qui deviendra un cymbaliste fameux est inscrit sous : Pantaleon HEBESTREIT. Plus tard, on trouve son prénom écrit Pantaleon, Pantalon ou Pantelon.
Pantaleon HEBENSTREIT contribue largement tant à l’évolution du futur cymbalum qu’à le faire connaître et apprécier. Le Roi Soleil, qui le reçoit à Versailles, est tellement enthousiasmé par le jeu du virtuose, qu’il décrète que désormais son instrument sera appelé : un « Pantaleon ». Deux ans plus tard HEBENSTREIT a un succès tout aussi triomphal à la cour d’Autriche. Selon les descriptions de l’époque, « le Pantaleon » a deux caisses de résonances, près de deux cent cordes en boyau comme en métal, dont certaines vibrant par sympathie, ce qui devait lui donner une grande amplitude de son. Il mesure un mètre quatre-vingt quinze à sa partie la plus large.
Pantaleon HEBENSTREIT, non seulement « pantaloniste », mais aussi violoniste, compositeur, improvisateur talentueux, se distingue également en tant qu’excellent pédagogue. Il a beaucoup d’élèves désireux d’apprendre l’instrument alors en vogue : « le Pantaleon ». Parmi les plus doués retenons : Georg GEBEL, Johann Christoph RICHTER et Christlieb Sigmund BINDER, Georg NOËLLI, qui sont aussi compositeurs. HEBENSTREIT éveille un véritable engouement pour le cymbalum à la cour impériale d’Autriche, si bien que les commandes aux compositeurs viennois de cette époque précisent que leurs œuvres doivent obligatoirement comprendre des parties de salterio-cymbal-pantaleon. Autour de 1725, FUX, CALDARA, REUTTER écrivent de la musique sérieuse, sacrée et théâtrale avec pour interprète exclusif au cymbalum : HELLMANN, un élève de HEBENSTREIT.