« Un public de plus en plus large découvre le cymbalum lors de festivals de musique contemporaine et de plus en plus d’orchestres symphoniques intègrent des pièces, où le cymbalum a sa part. Si des compositeurs tels STRAVINSKY, KURTAG, SZOKOLAY, KIEFFER, DAZZI, DUTILLEUX, MAAZEL, APERGHIS… se sont intéressés au cymbalum, c’est bien que cet instrument a un avenir.
Je souhaite ardemment que le cymbalum suscite votre intérêt et vous donne envie d’écrire pour lui. Je me tiens à votre disposition (et d’autres cymbalistes certainement aussi) pour vous dire les possibilités de l’instrument et déchiffrer vos créations. Je désire également faire mon possible pour que des auditeurs prennent favorablement connaissance de ce que vous écrirez.
Igor STRAVINSKY (1882-1971) ne s’est pas contenté de tapoter l’instrument de ci - de là. Il a pris des leçons de cymbalum. A sa suite Geörgy KURTAG (1926) puis Peter EÖTVÖS (1944), ont aussi pris des cours, ce qui est tout à leur honneur. Ce qu’ils ont écrit est adapté à la gestique propre au cymbalum et par conséquent stimule l’interprète.
Il est souhaitable que les compositeurs d’aujourd’hui s’informent de toutes les riches possibilités déjà bien rodées du cymbalum, prennent connaissance de son potentiel dans la manière naturelle de le jouer afin d’en exploiter réellement toutes les couleurs, sonorités, harmonies et timbres. Sur ces bases leurs inventions de nouvelles techniques pour l’instrument pourront être heureuses.
Chin Ping LIN et Cyril DUPUY autour d'un yang qin
Innover m’intéresse et je m’attache à élargir les possibilités de mon instrument. La joueuse de yang qin (cymbalum chinois) Chin Ping LIN m’a offert des baguettes chinoises. Le compositeur Victor KISSINE m’a fait découvrir le moyen d’obtenir un son de cloche à l’instrument. Il m’arrive d’utiliser l’archet ou plus simplement des crins sur certaines cordes… Je suis curieux de tout ce qui peut élargir ma palette sonore au cymbalum.
Par sa connaissance approfondie et sa pratique de l’instrument STRAVINSKY a créé une écriture moderne pour le cymbalum. Il a su utiliser l’ambitus total de l’instrument et susciter de nouvelles possibilités de frappes. Il a pressenti les aptitudes du cymbalum à entrer dans la musique actuelle. "Son" cymbaliste Aladar RACZ, de par sa virtuosité, sa technique accomplie et son ouverture d’esprit, n’est pas étranger à l’entrée du cymbalum dans les temps modernes.
Aladar RACZ étant un modèle qui m’est cher, j’ambitionne d’être à mon tour en bénédiction au cymbalum. Dans peu d’années cela fera déjà un siècle qu’Aladar RACZ a collaboré avec STRAVINSKY. Il est donc grand temps de redynamiser l’écriture musicale destinée au cymbalum ! »
Les baguettes revêtues de différents matériaux : coton, cuir, bois nu… permettent tout un échantillonnage de sons.
La possibilité de pincer les cordes avec les ongles ou les doigts, de faire ressortir les harmoniques, de préparer l’instrument avec divers objets, à condition qu’ils n’abîment pas l’instrument.
Différentes utilisations de la pédale comme d’étouffer immédiatement après avoir joué avec la pédale ouverte, faire entendre la réverbération dans la caisse de résonance, potentialité d’étouffer certains sons avec la main tout en laissant vibrer d’autres…
Les dynamiques vont de niente à fortissimo. La tessiture comporte presque cinq octaves.
Virtuosité, trémolos, arpèges rapides, modes de jeux proches de la percussion, chant très mélodieux, instrument soliste ou d’accompagnement.