Toni IORDACHE (1942-1987)

Surnommé par ses pairs le Paganini du cymbalum Toni IORDACHE est vénéré de bien des cymbalistes, qui souhaitent approcher tant sa virtuosité, que son immense talent d’improvisateur, Toni IORDACHE est né dans le village de Bildana près de Bucarest, fils et petit-fils de cymbalistes tziganes, père d’un cymbaliste, les uns comme les autres également fameux. Engagé à douze ans, par concours, dans l’orchestre de musique populaire de la Radiodiffusion roumaine, Toni IORDACHE décrocha la médaille d’or au festival mondial de la jeunesse à Vienne. Il passa ensuite dans Ciocîrlia, le plus grand ensemble folklorique roumain de son temps. Il y resta plusieurs années, puis il poursuivit sa carrière en tant que soliste dans des formations concertantes, qu’il a accompagnées dans de nombreuses tournées en Europe, Asie, Etats-Unis et Japon. Il a été invité en 1973 à interpréter la suite Hary Janos de Kodaly.

La technique d’interprétation du cymbaliste roumain Toni IORDACHE était caractérisée par une extraordinaire aisance dans l’emploi de tous les registres de l’instrument, par sa magistrale utilisation des pédales, par l’alternance égale et rapide de ses coups de baguettes. Un chronométrage établi à Paris a démontré qu’il pouvait frapper vingt-cinq coups à la seconde. Dans son jeu, d’une parfaite limpidité, il y avait tant de sentiment, qu’on en était bouleversé jusqu’au tréfonds de l’âme. Fin interprète autant qu’improvisateur Toni IORDACHE savait mettre en valeur tout l’espace sonore de son instrument et le soumettre entièrement à la musique. La plus simple mélodie prenait chez lui des teintes subtiles propres à son chant intérieur. Il disait et arrivait merveilleusement à mettre en pratique : « La technique du cymbalum ne présente pas seulement de la vitesse, mais aussi du toucher, de l’interprétation, de la fantaisie, de l’inspiration ».

Toni IORDACHE a connu le régime de fer du dictateur Ceausescu et en a souffert. Mort prématurément, il laisse le monde des cymbalistes en grand deuil.